Le loup de Mallowsweet...

Irving Whitaker
Irving WhitakerCupipi décédé
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Le loup de Mallowsweet... Icon_minitimeSam 6 Fév 2016 - 11:55
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25 aôut 2009 Future auberge de Mallowsweet.

Irving apposa la dernière couche d'enduit sur le plafond de ce qui allait bientôt être la salle à manger commune de l'Auberge de Mallowsweet. Il essuya la sueur de son front sur son avant bras avant de s'asseoir sur un petit tabouret en bois trouvé dans le capharnaüm. Le siège faisait parti des mobiliers qu'il avait choisi de conserver afin de meubler les différentes pièces de l'Auberge. Il avait passé quasiment toute la première semaine d'août à trier les tables, les fauteuils usés et les chaises cassées empilés en vrac dans les maisonnettes de Mallowsweet afin de pouvoir s'attaquer aux gros œuvres. Et ce n'était pas une mince affaire pour lui qui n'avait jamais quasiment rien retapé de sa vie.  Toutefois ses expériences professionnelles précédentes lui avaient appris une chose: Il suffisait de se lancer pour apprendre ! Irving avait donc commencé par remettre en états les cheminées afin de le relier de nouveau au réseau -ça, c'était son domaine- puis il avait ensuite entrepris divers travaux de plomberie, monté des cloisons, posé des parquets... Même si ces tâches étaient bien plus commodes à réaliser avec l'aide de la magie il n'en fallait pas moins être organisé et soigneux dans son travail. Il avait d'ailleurs cru s'arracher les bouclettes quant il avait fallu reprendre tout le carrelage de la salle de bain d'une des chambres de l'Auberge car un conduit d'arrivée d'eau pour alimenter les autres pièces devait impérativement passer par là...Heureusement Nora était là pour l'aider et le tempérer quand il avait envie de tout  envoyer valdingué comme ce jour là.

A deux, ils formaient une bonne équipe et se complétaient plutôt bien. Parfois c'était presque comme si le meurtre de Dalhiatus n'avait jamais eu lieu. Presque. Ils parlaient des heures durant de l'aménagement de l'auberge, de la décoration des chambres, de l'identité qu'ils voulaient donner à leur gite... Irving se couchait le soir trop fatigué de  sa journée pour penser à autre chose qu'à la bonne nuit de sommeil qui l'attendait.

A vrai dire, il entretenait ce rythme effréné qui lui permettait de se vider la tête. Durant les heures qu'il passait à enduire les murs défraichis des maisonnettes, il ne réfléchissait plus à cette fameuse nuit dans la forêt interdite. Il devait aussi avouer que quitter la ville lui avait fait un bien fou: Il ne tombait plus sur des Miliciens en sortant de chez lui, ni sur des avis de recherches concernant ses amis. Ici, rien d'autre que la nature, à perte de vue. Il n'avait pas quitté leur maison de Mallowsweet depuis son emménagement et n'avait vu quasiment personne hormis Nora mais ce break se révélait salvateur. Il se sentait dorénavant plus en confiance et un peu plus à même d'affronter la vie. La Salamandre comptait encore sur lui et il s'estimait capable d'aider l'organisation, à sa mesure.  Son aversion pour le régime était restée intacte. L'arrestation de Klem et l'avis de recherche concernant Julia n'avaient fait que le conforter dans son idée qu'ils étaient confrontés à une politique totalitaire et qu'ils devaient se battre pour défendre leur droit. Toutefois la place d'Irving dans l'échiquier avait changé: Plus de missions en première ligne-Il était clair que cela ne lui réussissait pas-, il participerait à l'effort de résistance en temps que soutien. L'auberge qu'il allait créer servirait de base arrière pour des résistants recherchés, le temps que la Salamandre les exfiltre ou leurs trouve une meilleure planque. Il n'avait pas pris cette décision sans en parler à Nora, bien évidemment, et si elle acceptait l'idée, elle ne souhaitait pas en savoir davantage sur les modalités d'organisation. Irving s'occuperait des transferts et de la gestion des exfiltrés. Si l'Auberge rencontrait son public, il pourrait cacher quelques résistants au milieu des touristes de passage, songea-t-il en se levant de son siège pour aller attraper une gobière au frais.

Il s'approcha de la porte  qui laissait entrer un mince filet d'air chaud en cette journée estivale, et s'appuya sur le chambranle pour observer la nature environnante.
Ce cadre idyllique allait forcement  séduire les citadins. Il le fallait. Irving avait demandé un prêt à Gringotts et Jill s'était personnellement porté garant pour soutenir le projet... Les Gobelins n'auraient jamais accepté de lui prêter de l'argent sans ça. Il n'avait pas d'autre issue possible que la réussite et il espérait que rien ne viendrait troubler son dessein.

Machinalement, le regard d'Irving se posa sur la foret de feuillus qui les séparait du village et un voile de contrariété passa sur son visage. Peu de temps après son emménagement, il y avait fait une découverte étrange. Alors qu'il s'était aventuré en dehors du chemin pour chercher du bois, il avait découvert de drôles de structures accrochées dans les arbres. Il se souvenait vaguement de ses cours d'histoire de la Magie et il lui semblait que ce genre de pratique était courante dans la culture vaudou mais il n'y avait pas prêté plus attention. Il y avait repensé une semaine plus tard, en faisant une macabre découverte aux abords de la clôture de son terrain: Là, posés à même le sol, il avait trouvé une demi douzaine de grenouilles écartelées et disséquées. Ses grenouilles, cela ne faisait aucun doute: Il n'y avait qu'une mare à plusieurs kilomètres à la ronde et c'était la sienne.
Quelqu'un cherchait-il à lui faire peur ? Ou pire, à lui nuire ? Un habitant de Mallowsweet peut-être, excédé à l'idée de voir débarquer chez lui des citadins.
Irving avait conscience d'être passé de l'autre côté de la barrière. A Nimbus, il était celui qui défendait sa ville et son identité contre ceux qui voulaient la dénaturer et voila qu'il débarquait dans un village tranquille pour y implanter une auberge. De là à dire qu'il voulait transformer Mallowsweet en attraction touristique, il n'y avait qu'un pas que les habitants du petit bourg avaient peut-être franchis...

Quoiqu'il en soit, il faudrait qu'il tire cela au clair, se dit-il en finissant sa gobière avant de retourner à l'intérieur. Il devait vernir des boiseries avant le retour de Nora. Il se mit donc au travail, bercé par le chant des grenouilles dans la mare.
Il peignait depuis une bonne heure, lorsqu'un bruit étrange le tira de ses pensées. Un coassement, différent.  Plus sonore. Irving fronça les sourcils et le cri se fit subitement plus aigu et strident. Sans attendre, l'ancien Gryffondor fonça à l'extérieur. En contre bas, tout près de l'eau, il discerna alors une silhouette tapie au milieu des joncs.

"Hé ! Toi là ! Lâche ce crapaud. Tout d'suite !" ordonna-t-il en pointant sa baguette droit sur l'intrus.


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Le loup de Mallowsweet... Icon_minitimeMer 10 Fév 2016 - 11:34
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Linnet Sneals
14 ans
Serdaigle en vacances

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"Le livre des origines"

Un soleil bienfaiteur venait réchauffer de ses doux rayons la petite bourgade sorcière de Mallowsweet; Les cris d'amusement des enfants venant s'entremêler avec les chants bucoliques des oiseaux. L'atmosphère y était si paisible, hors du temps, qu'elle invitait chaque habitant du village à venir gambader et pique-niquer sereinement dans les champs alentours. Mais voilà, Linnet Sneals n'était pas du genre à chasser les papillons, tout en récitant des comptines fleur bleu aussi mièvre que les écrits de Mildred Magpie. La jeune adolescente n'avait rien de commun avec la plupart de ses congénères. Préférant se réfugier dans l'obscurité d'un grenier plutôt que de jouer au Quidditch Miniature dans les landes avoisinantes; Linnet n'aurait voulu pour rien au monde qu'une personne non avisée vienne troubler cet instant de grâce où elle se retrouvait enfin toute seule. Car depuis le déménagement de la famille Sneals, de Bude la "balnéaire" à Mallowsweet le "trou du cul du monde magique", la jeune fille pouvait compter sur les doigts d'une main, les moments de solitude salvatrice.

Début Juillet, sa mère, l'imbuvable Mary Sneals l'avait tannée pour participer aux déménagement, et à faire multiple cartons de babioles en tout genre, comme ces précieuses figurines de chatons en porcelaine. Linnet détestait sa mère pour ce qu'elle représentait : Une femme vide dont la vie se résumait à vendre des vieilleries dans les brocantes de village. Seul son traitre de père infidèle arrivait à la supplanter dans son classement des pires horreurs que la vie avait engendré. En tant que progéniture de ces immondices, elle ne s'aimait guère mieux, n'hésitant point à s'infliger des scarifications avec des lames rouillées, et se lancer dans des expériences frôlant le suicide. Mais la mort ne voulait pas d'elle, Linnet  se montrant plus résistante que son débile défunt de frère. Danny n'était rien d'autre qu'un looser, mort dans des circonstances au combien absurde : Qui voudrait mourir le nez plaqué contre l'aisselle d'un inconnu? Le mouvement de foule baptisé par la presse magique "Bloody Sunday" lui avait enlevé un frère, et aussi sa seule bouée de sauvetage dans l'océan tourmenté qui peuplait ses pensées. En effet, la petite sœur en voulait réellement à son frangin pour l'avoir lâché si rapidement, alors que son seul lien social résidait dans le fait de le tourmenter sans cesse. Certes elle avait Aby, sa copine de chambrée à Poudlard qui lui parlait un peu, mais elle sentait bien que sa folie l'effrayait parfois. Danny était le seul qui la comprenait réellement ses humeurs sadiques. Sans son pushing-ball de frangin, sa vie manquait cruellement de repère, et elle détestait plus que tout au monde lorsque les gens posaient sur elle un regard dégoulinant de pitié qui ne la percevait que sous les traits de "la petite sœur du garçon écrasé dans la foule du Bloody Sunday". Une dépersonnalisation eu combien réductrice qui ne faisait qu’alimenter son dégout de l’humanité...

Pour ne pas arranger les choses et pour son soi-disant équilibre intérieur, sa mère avait cru bon de l'envoyer chez un psychomage pour enfant. Ok, lors de ses nombreuses séances, la médicomage Kane toujours si propre et raffinée, se montrait parfois très aimable avec elle, mais franchement... Se rendait-elle simplement compte que rien de ce qu'elle lui racontait sur le divan n'était véridique? Linnet s'était forgée une identité socialement correcte, dans laquelle elle clamait innocemment voir des papillons dans les dessins que la psychomage lui présentait, alors qu'en vérité, elle n'y voyait qu'un chaton dissout dans un bain d'acide. Meredith Kane l'avait diagnostiquée comme étant atteinte d'une forme d'autisme : Le syndrome d'Asperger. Un nom curieux pour décrire un mal mystérieux, dans lequel le quotient intellectuel surélevé de la petite Serdaigle venait se heurter à une incapacité chronique à s'ouvrir aux autres. Meredith Kane pouvait jouer les confidentes, elle n'était point son amie, et ne voulait en rien lui offrir son aide. Dans ses pulsions meurtrières Linnet aurait aimé la voir bruler vive avec ses tailleurs Dior et ses pseudos diplômes d'examen de la conscience! La psychomage ne faisait qu'étouffer sa personnalité, en lui prescrivant des potions dont la faculté première était de l'endormir, et d'annihiler toute son énergie créatrice. Mais c'est dans le grenier de la petite maison mitoyenne de Mallowsweet, à l'abri des regards indiscrets, que Linnet venait de retrouver goût à la vie.

En effet, alors qu'elle appréhendait de retrouver Poudlard, cette école devenue si atrocement morose depuis le départ d'Ana Sorden; Linnet s'était réfugiée sous les combles de la petite maison campagnarde, seul endroit où son imagination prenait le pas sur sa triste réalité d'autiste atteinte du syndrome d'Asperger. Dans ses divagations les plus folles, elle devenait une cruelle sorcière de Salem, qui arrachait les yeux des crapauds pour en faire des potions mortelles. Poudlard brulait mille fois sous le joug de ses Incendio, et la Directrice Mason était transformée en Goule putride! Linnet rêvait d'horizon lointain que Poudlard ne pouvait lui offrir! La Serdaigle pouvait multiplier les notes optimales dans des matières aussi prestigieuses que celle de la Défense contre les forces du mal, mais se montrait également déroutante en ne rendant que des copies vierges dans d'autres domaines d'études qu’elle jugeait inintéressants. Un contraste entre la perfection et le néant qui avait de suite alerté l'insidieuse directrice, Daisy Mason, sur les facultés réelles de sa jeune élève. C'est ainsi que sa mère, angoissée de nature, l'avait expédiée chez les fous et la psychanalyse à deux balles du Docteur Kane! Personne ne voyait que la cause réelle de son tourment, provenait de l'ennui mortel qu'elle éprouvait à Poudlard! Sorcière aussi surdouée que précoce dans l’art de la magie, Linnet pourrait d'ores et déjà passer les ASPIC, qu'elle les obtiendrait probablement haut la main! Ses facultés lui permettaient de s'investir dans telle ou telle matière, comme s'il s'agissait d'une simple boite de chocolat. Mais cette étonnante facilité la conduisait à devenir une adepte du moindre effort. Elle n’avait rien d’une poufsouffle besogneuse, et préférait se reposer sur sa sagacité de Serdaigle. Fort heureusement, dans le petit grenier de Mallowsweet elle venait de trouver une source de motivation bien plus importante que n'importe laquelle des matières enseignées à Poudlard. En effet, à l'intérieur d'une malle contenant les quelques affaires oubliées par son père, se trouvait un recueil fascinant sur la magie ancestrale dans la lointaine dans la lointaine Louisiane!

Comment un tel livre avait pu se retrouver parmi les affaires personnelles d'un individu aussi répugnant que son géniteur tenait du mystère le plus total! Mais Linnet pouvait passer des heures à en lire le contenu, se fichant éperdument de savoir si tout cela était réel ou non. Tel un aimant, les secrets du Bayou l’hypnotisait ! Même si elle ne pouvait déchiffrer la plupart des formules, ni comprendre quoi que ce soit l'usage de cette magie inconnue, Linnet pouvait passer des heures à contempler l’ouvrage. Il y avait des textes entiers écrits en vieux français, et des chroniques entières sur les prémices de l’art vaudou dans les champs de coton sudiste. Exercée par les femmes esclaves, cette forme de magie noire leurs avait octroyé le pouvoir de devenir libre, et pour la petite fille enchainée qu'elle était rien n'était plus grisant! Mais existait-il vraiment des communautés de sorcières? Ou n’était-ce que des légendes? Il y avait autant de mystère dans ce livre que de crocodiles dans le bayou. La jeune Serdaigle se rendait compte qu'un océan la séparait de la vérité et de sa soif de connaître cette région mystique. Mais pourquoi se sentait-elle autant attirée par cette contrée de marécage? D'où lui venait ce lien mystérieux? Les pleurs d'un nourrisson ne tardèrent pas à la ramener à la triste réalité de son quotidien de pauvre petite sorcière jouant les baby-sitters. Dans un soupir empreint d’exaspération, elle claqua le précieux ouvrage qui contenait ses espoirs jusqu'alors irréalisables, avant de dévaler une à une les marches qui la conduisait au rez-de-chaussée. Au milieu du salon, une immonde créature en miniature s'égosillait comme si on était sur le point de l'égorger!

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"Cerise"

"Mais tais-toi, sale crevette! Je parie que tu t'es encore pissée dessus! Qu’est-ce que tu veux ? Jouer au bébé secoué ? "

Linnet n'aimait ni jouer les nourrices, ni ce genre de bébé vociférateur que l'on lui avait imposé de force sans prendre en compte son avis d'adolescente en construction. Chaque jour, elle maudissait son bêta de frangin décédé de leur avoir laissé ce cadeau empoisonné, qui contrairement à son prénom n’avait rien d’une cerise sur le gâteau. Même dans sa mort la nullité de Danny poursuivait la famille Sneals, ce dernier n’ayant rien trouvé de mieux avant de mourir que d’engrosser une jeune junkie, bien incapable d’assumer son rôle de mère! L'ancienne conquête de Danny, une certaine Carol, n'était devenue rien d'autre qu'une accroc aux drogues dures. Moldue de naissance, elle était tombée sur la réserve de Danny, pour y dénicher une fiole de Tenebrosia ocular; Horrible trouvaille qui depuis son inhalation, à annihiler tout ce qui la rattachait à la réalité terrestre. Sa mère biologique internée dans un asile psychiatrique, la garde de l'enfant était revenu logiquement à la grand-mère; Mary Sneals ne reculant devant forme de générosité quand il s'agissait d'accueillir un si "zolie bébé"! Depuis, la malédiction de Danny ne faisait qu'étouffer la vie de Linnet sous le poids de ses multiples caprices...

Tu parles d'un héritage! Et quelle idée avait eu sa mère d'accueillir cette petite vermine! Une fois n'est pas coutume, elle n'aurait pas pu se concentrer sur ses confitures à l'oignon, plutôt que d'endosser le rôle de bonne samaritaine? Quelle naïveté! Ne voyait-elle pas le petit jeu démoniaque auquel se livrait ce suppôt du frangin? Cerise, car tel était son nom, n'avait rien d'une adorable petite princesse, et sa fourberie n'avait d'égale que la puanteur de ses couches! Bien qu'elle portait le nom d'une jeune survivante du "Bloody Sunday", Cerise n'existait que pour générer le chaos. Alors qu'elle pleurait à s'en déchirer les cordes vocales quelques secondes auparavant, la voilà désormais qui regardait sournoisement Linnet, en arborant ce petit sourire moqueur qui disait : "Je t'ai bien eue, ma grande, maintenant occupes-toi de moi, comme le ferait une vulgaire esclave! ". Linnet détestait cette petite créature mollassonne, dont elle connaissait pourtant les points faibles. En effet, comme pour les œufs à la coque, il lui suffisait de faire une mouillette là où le crâne du Cerise se montrait le plus friable, c'est à dire à la base de ce que les livres d'anatomie appelait la fontanelle du nourrisson, et Hop! Le tour était joué avec une cerise dénoyautée! Linnet plongea son regard noir dans le berceau, tandis qu'elle se munissait d'un coussin qui ornait l'un des coins du canapé familial.

"Tu préfères peut-être mieux que j't'étouffe? Cela m'éviterait de subir tes couinements stridents! "

Linnet levait déjà le coussin au dessus de sa tête, prête ou non à accomplir un drame familial de la pire espèce; Quand tout à coup, la porte de la maisonnée pivota sur ses gonds, sur une Mary Sneals médusée par l'affreux spectacle qui se produisait devant elle!

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"Maman Sneals"

"Mon Dieu, Linnet! Combien de fois devrai-je te dire de ne pas jouer avec les coussins! Reposes-moi ça immédiatement à sa place! "

Comme tout Sneals qui se respecte, Mary Sneals avait un petit grain de folie, qui se caractérisait en ce qui la concernait par une maniaquerie proche de l'hystérie pour tout ce qui concernait l'ordre et la propreté! En effet, sur les étagères maintes fois lustrées du salon, chacun des petits chaton en porcelaine étaient méticuleusement alignés de façon méthodique. Linnet s'amusait continuellement à déranger l'ordre des petites statuettes grotesques, et dans un toc irréversible, Mary repassait derrière pour rétablir la bonne disposition. Comme si les intervertir pouvait provoquer l'apocalypse ou quelque chose d'encore plus effroyable! Après l'offuscation, Mary tenta de calmer le jeu et de reprendre ainsi son rôle de maman poule.  

"Alors mon chaton, tu t'en ai bien sortie avec notre adorable petite Cerise? "

Afin de subvenir au besoin de la famille, Mary Sneals s'absentaient régulièrement aux premières lueurs matinales, afin de vendre ses soi-disant délicieux pots de confiture dans les innombrables marchés magiques de Cornouailles. Une activé très contraignante qui la poussait à s'éloigner de Cerise, dont elle confiait souvent la garde à Linnet. Cette dernière ne se priva pas d'afficher son mépris pour le petit être.

"Juste un énième tsunami dans sa couche! J'en ai marre, c'est dégueulasse! "

Mary Sneals fit cette affreuse grimace qui lui servait de sourire, avant d'ajouter :

"Voyons Linnet! Le pipi de bébé, c'est comme du pipi d'ange : Ce n'est pas sale! Laisse-moi faire... "

Linnet conempla sa mère s'empresser de soulever Cerise hors de son berceau, avant de la câliner et de lui parler comme s'il s'agissait d'une attardée mentale.

"Gouzi Gouzi Gouza! Elle ai toute z'olie ma z'entil princesse z'erise. Alors comme ça tu m'as laisser un cadeau dans ta culotte? "

Linnet demeurait perplexe : Pourquoi les mères aimaient tant renifler la crotte de leur chérubins? C'était quoi cet instinct maternel de merde? La serdaigle se jura de ne jamais devenir ainsi, préférant rester seule, plutôt que de devenir aussi pathétique. Jamais, elle ne laisserait un garçon lui subtiliser sa virginité et son cerveau par la même occasion! Il allait vraiment n'avoir plus d'amour propre pour se comporter de la sorte!

"Ouh là, on dirait que c'est la grosse commission! Il va falloir te changer ma z'olie princesse! "

Plutôt que d'avoir à supporter cet immonde spectacle et les zozotements mielleux de sa mère; Linnet tenta de jouer la carte de l'esquive.

"Je vais devoir m'absenter quelques heures, maman. La rentrée, c'est pour bientôt, et je dois perfectionner mon vol en balai. Je reviens très vite... "

Linnet se précipita vers la porte d'entrée, vers laquelle se dressait fièrement son balai volant, quand sa mère l'intercepta dans sa tentative d'évasion.

"Une minute, ma fille! Tu pourrais te rendre utile en apportant ce panier-garnis au futur tenancier de l'auberge de Mallowsweet? Selon les dires du village, il parait que c'est le jeune Irving, qui aurait racheté ce terrain abandonné. Tu sais le jeune garçon qui était ami à ton frère, et qui avait vomi mon gratin de courgettes pour la Thanksgiving. Tu te souviens? Mais passons, en plus de mes confitures aux potirons, il y a une lettre pour lui souhaiter la bienvenue à Mallosweet. Il y a également un petit mot pour lui demander s'il aurait besoin éventuellement de mes services en tant que femme de ménage. Tu sais, tu pourrai y bosser les vacances aussi! C'est une bonne idée, non? Tu sais, seule, je ne pourrai pas subvenir aux besoins de tous. Et même si cela s'avère nécessaire, tes séances chez la psychomage me coûte un bras... "

Linnet poussa un long soupir, saisissant d'une main son balai, et de l'autre le panier garni de sa mère.

"C'est bon maman, j'ai pigé! Inutile de jouer les violons! "

Elle posa une main sur le loquet de la porte quand la voix criarde de sa mère l'arrêta de nouveau.

"Ma puce, attends! J'oubliais aussi! Tu n'oublieras pas à la rentrée de demander une dédicace auprès de la grande Mildred Magpie! Je n'arrive pas à croire que tu vas la côtoyer à Poudlard! Quelle veine incroyable tu as! Tu sais, tu devrai t'inscrire à son atelier théâtre, cela pourrait te permettre de te faire des amis... Non? "

Linnet haïssait cette pseudo romancière à l'eau de rose, qui appauvrissait les esprits par ses écrits aussi mielleux que grotesque! Elle ne comprenait pas que l'on puisse éprouver du plaisir à la lecture d'un tel ramassis d'idioties! Et pourtant, ses maudites consœurs de dortoir ne faisaient que pousser des soupirs d'extases à chacune des lignes de cette pseudo-romance? Quelle triste vision de la femme! Où était passé le féminisme? L'intelligentsia? La culture? Mildred Magpie répandait sa mièvrerie sans que rien ne puisse l'arrêter; Ainsi le règne des femmes potiches, superficielles et imbues d'elles-mêmes pouvait débuter. Par Merlin, comme elle avait eu honte lors de la fameuse séance de dédicace de l'affreuse romancière! Linnet aurait aimé voir l'horripilante bonne femme et ses fans décérébrés, brûler sur un bucher constitué de ses pires bouquins! Ce jour-là, Linnet avait dénoté que la nouvelle Bibliothécaire, Madame O'Brien, semblait partager son aversion pour cette romancière dans l'air du temps, comme quoi il existait peut-être encore un infime espoir de voir la culture triompher sur la vulgarité et la bêtise. Linnet accueillit froidement la demande de sa mère, avant de lui signifier toute l'étendue de son dégout pour l'écrivaine.

"Oui, maman... Je te promets de t'apporter une dédicace de cette vieille peau sans talent, qu'elle signera avec son propre sang! La classe non? Pourquoi toujours vouloir me contraindre à réaliser des choses que je ne souhaite aucunement faire!? "

"Mais ne le prends pas comme ça, ma poupée en sucre... "

Linnet claqua la porte derrière elle, sans même laisser le temps à sa mère de se justifier sur sa conduite...

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"La rumeur"

Enroulant sa gorge dans son écharpe au couleur de la maison Serdaigle, elle s'apprêtait à chevaucher son balai quand une discussion provenant du jardin mitoyen lui parvint aux tympans. Son voisin s'entretenait avec l'épicier du village au sujet d'une mystérieuse bête qui sévissait dans les alentours de Mallowsweet. Apparemment, "le loup de Mallowsweet" avait encore frappé!

"Je t'y dit, le Glaudius cé tout l'troupeau qui l'a perdu! Tout ratatinés au bas d'la falaise qui l'a retrouvé ses moutons! C'est ti pas encore un coup de loup de mallowsweet c'tte histoire là? "

"Crénom de Dieu! La maudite bête! Elle va foutre tous le village sur la paille! "

Un passant quelque peu aviné se joignit à la discussion.

"Moi hier soir, je l'ai vu cette bestiole traverser le village! Grosse comme un bœuf, avec une queue de rat et une tête de lion! Vous pouvez me croire, ça sent pas bon cette histoire! "

"C'est pas un loup, c'est une Manticore! La Manticore du Dartmoor! " ajouta un peu plus loin son compagnon de beuverie.

C'est alors que l'épicier du village prit la parole, affichant tous son ostracisme campagnard.
 
"Et ça, c'est depuis que les étrangers s'installent chez nous ! Vous n’avez pas remarqué que cela à débuté avec l'arrivée d'l'aubergiste frisé, et d'l'autre folle et ses confiotes... "

"Chut! y'à sa gamine! "

Linnet transperçait de son regard noir l'épicier, tant ses propos et sa manière de parler de sa mère l'avait cruellement affectée. Si elle avait été une sorcière de Louisiane ou de Salem, elle l'aurait écorché à coup de sortilège, mais voilà... Elle n'était encore qu'une enfant, juste une élève de ce maudit Poudlard, et qui ne pouvait en rien satisfaire sa colère. Elle se contenta de lancer un petit sourire diabolique, et d'enfourcher son balai. Il valait mieux s'envoler loin de ces ignares, car un jour viendrait le temps de sa vengeance. D'ailleurs ce soir, dès les prémices du crépuscule, elle comptait bien recommencer et affoler un nouveau troupeau de moutons. Car pour Linnet, rien n'était plus jubilatoire que de compter ses stupides ovins se jeter stupidement les uns après les autres du haut de la falaise !

Durant près de cinq kilomètres, Linnet survola les landes isolées du Dartmoor, pour se rendre à l'endroit où se trouverait bientôt la future auberge de Mallowsweet. La jeune sorcière connaissait que trop bien les alentours, pour s'y être rendu en secret de nombreuses fois. Elle avait même établi son QG dans l'une des forêts de feuillus avoisinante ; En effet, dans la pénombre nocturne de sa clairière, elle s'adonnait à des rites mystique et une forme quelque peu inventée de magie noire. Sacrifiant des petits animaux, elle cherchait à entrer en contact avec les esprits vivant ou mort des pires ordures engendré par le monde magique : Voldemort, le vengeur masqué, Ana Sorden, Donald Trump, tout y passait... Linnet n'avait qu'une volonté celle de voir bruler Poudlard, et tous ce que cette école représentait d'infâme et d'ennuyeux! N'hésitant point à écarteler des grenouilles, ou encore à boire du sang de poule dans des cranes de moutons, Linnet recherchait une forme de magie noire qui ne cessait de lui échapper.

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Lorsqu'elle arriva en vue de l'auberge, Linnet trouva de bonne augure de faire une petite pause à proximité de la mare dans laquelle grouillait une multitude de grenouilles vertes. Du chemin, elle pouvait entendre leurs coassements qui n'étaient rien d'autre qu'un appel au jeu! Elle posa à coté d'elle son panier garni, et commença à plonger sa main dans la vase d'une petit étang. Que de proies faciles! La serdaigle sadique finit par en attraper une qui lui rappelait vaguement l'immonde crapaud de son fichu frangin. D'ailleurs au vue de ses boutons, c'était peut être bien une grenouille mâle, enfin un crapaud quoi. Linnet le tourna dans tous les sens pour chercher un indice sur le sexe du batracien, mais n'y trouva aucune réponse. Une pulsion malsaine saisit son âme d'adolescente quand elle commença à presser le corps gluant de la petite créature entre ses doigts. Immédiatement, celle-ci poussa un affreux couinement suraigüe, qui ne fit qu'accentuer le désir sadique de la jeune sorcière. Compressé dans la foule, Danny devait ressembler à quelque chose près à cette petite grenouille pathétique. Linnet s'apprêtait à l'achever quand une voix quelque peu familière surgit derrière elle. Sans même se retourner, elle leva ses mains et la grenouille prisonnière au-dessus de sa tête.

"Je fais rien de mal, je m'amuse. Et puis, c'est juste une grenouille, pas la peine d'en faire un fromage! Je vais la relâcher... "

Sans ménagement, elle la lança au centre de la mare comme s'il ne s'agissait que d'une vulgaire pierre.

"Aussi pleurnichard que mon frère. Je comprends mieux pourquoi vous étiez potes tous les deux. Tu ne me reconnais pas? "

Linnet tourna alors le visage en direction de Irving, avant d'esquisser ce qui s'apparentait pour elle à un souvenir de joyeuses retrouvailles.